Les cohortes d’esclaves avançaient dans le désert. Margaret reposa la tasse sur la table basse. Le thé était encore brûlant. Elle se leva, regarda à travers la baie vitrée le chantier vers le stade. Plus que les grues et les pelleteuses, cette multitude d’hommes coiffés de casques jaunes qui s’agitaient l’impressionna. Elle ouvrit un battant, la rumeur était assourdissante, le referma aussitôt, se retourna. Une sorte de centurion romain hurlait des ordres dans un anglais impeccable. Les esclaves se dispersèrent en courant dans des carrières. Margaret éteignit la télévision. En posant la télécommande, sa main heurta la tasse.
Quand Norma entra dans le salon, Margaret montra le désastre:
– Voyez comme je suis maladroite ! Faites ce que vous pouvez.
– Ce n’est rien, Madame, je vais arranger ça.
Margaret haussa les épaules et gagna son bureau. Elle chercha son bloc-note parmi les livres. Elle écrivit au stylo rouge « urgence : pondre un roman social »
ah! bientôt un roman ?
j’aimerais bien écrire aussi, enfin serieusement je veux dire, vous avez une bonne accroche, c’est vivant; il faudrait que je m’inspire !
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Ecrire un roman, Caro? Mais c’est que c’est toute une histoire…
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