
La loi est la loi. Cette semaine, fête obligatoire! Pendant 7 jours, le droit au bonheur devient un devoir absolu. Le mot d’ordre: tu dois sourire! Tu le dois. Des policiers du bonheur. déguisés en pères Noēl, parcourent les rues des villes et des villages, traquent les mines sombres, les grimaces, les rictus, et les larmes même discrètes.
Un soupçon de tristesse? Ce sont 10 coups de fouet, une forte amende, voire la prison. On en a même vu finir au bout d’une corde, pour mélancolie dépressive persistante! Pendus pour l’exemple en place publique devant une foule hilare…
Alors tu souris. Tu souris partout, tout le temps. Ce n’est que la nuit, chez toi, à l’abri des regards, que tu peux enfin te laisser aller à ton humeur. La gravité repose.
C’est que toujours sourire fatigue! Mais tout est prévu. Tu n’y arrives plus? Porte un masque! On en vend partout. Masques pas chers ou hors de prix, basiques ou sophistiqués. Les marchands se frottent les mains. Eux, c’est sûr, des masques, ils n’ont pas besoin d’en porter! « Souriez dans l’effort, mais sans effort », chez Décathlon, « le sourire à prix coûtant » chez Auchan. Partout, à la radio, à la télé, dans les journaux, sur les murs, cet avertissement: Attention! Un malheur est si vite arrivé, protégez-vous, sortez masqués!
Il faut dire que la loi s’applique à tout l’espace public: même les hôpitaux, les maisons de retraite, les cimetières sont concernés. De grands panneaux vous accueillent à leurs entrées … « Ici vieux, oui, mais souriants… », « Malades, certes, mais marrants,.. « , « T’es mort et enterré, la belle affaire! On en rigole encore… ».
C’est sous cette contrainte de joie collective obligée qu’on me demande comme chaque année d’écrire un conte de Noël qui rendent joyeux mes lecteurs…
Tâche risquée! Aucun droit à l’erreur… Par précaution je vais commencer par la fin. La voici: « Ils se marièrent, eurent beaucoup d’enfants et vécurent heureux.
Le plus dur reste à faire, Il va me falloir beaucoup d’imagination. Comment mes héros en sont-ils arrivés là?